Fonds de dotation NEVER FORGET BIAFRA 23, rue d'Essling 92400 Courbevoie - Boite n°25

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Fr. André Héroux 16 novembre 2013
Maison St Joseph
26400 Allex France

Après 1965, la décennie des indépendances en Afrique se terminait très mal. Les nouvelles de massacres horribles au Nigéria Nord nous parvenaient dans le Sud-Est du Cameroun (la province la moins peuplée du Cameroun autour de Bertoua,Abong-mbang, avec quelques pygmées dans la forêt) bordant Centrafrique et Congo-Brazza. Avec les spiritains néerlandais nous étions seulement deux français, au Collège de Doumé pour enseigner notre langue; j’étais révolté et j’approuvais la sécession du Biafra , en désaccord (pour la 1re et seule fois ) avec mon aîné, le P. Bernard Vesval, Normand lui aussi.

En 1971, pour enseigner le français encore, je suis allé à Buea, au Cameroun anglophone. Et de là j’ai pu faire à moto, après Pâques 1974, ma première visite au Nigéria voisin , encore bien dévasté (les routes étaient encore trop mauvaises pour aller en voiture); j’ai eu un accueil chaleureux de mes confrères spiritains Ibos et j’ai rencontré des chrétiens très vivants et très énergiques pour reconstruire leur pays. Ce fut une joie pour moi en février 1975 de recevoir la proposition d’aller enseigner le français au Nigéria, au Séminaire spiritain d’Ihiala entre Onitsha et Owerri.

J’étais le premier missionnaire envoyé au Nigeria après l’expulsion de missionnaires, en 1970, environ 200 spiritains et près d’une centaine appartenant à d’autres congrégations : car ils avaient continué leur ministère au Biafra pendant la sécession. Pour ma part j’ai attendu presqu’un an mon visa pour y aller. Mais quel bonheur ces quatre ans dans ce pays Ibo, si nouveau, si dynamique !

Le projet en 2013 « Never forget Biafra » a résonné fort dans ma mémoire. Mais j’ai pensé aussitôt à l’apartheid de l’Afrique du Sud ; j’étais là-bas de 1995 à 98 après l’arrivée de Nelson Mandela avec sa proposition de « Nation Arc-en-ciel ». Quelle aurore pour ce pays si torturé par le racisme pendant des décennies, et qui voyait enfin se lever un espoir de réconciliation et de vraie paix !